Formation qualifiante à la psychothérapie de l’emprise

et/ou à la prévention des polarisations et des radicalisations

  

Objectifs et accès :

Jean-Claude Maes défend un modèle de thérapie de l’emprise qui a fait ses preuves en aide aux victimes de sectes et de perversion narcissique, et s’avère très transposable à la prévention des polarisations et des radicalisations. À dire vrai, on pourrait, sans forcer le trait, voir les sectes comme une catégorie de groupes radicalistes, et la perversion narcissique comme une forme de polarisation de l’intime. On pourrait également évoquer, en la matière, les violences conjugales et familiales, le harcèlement moral, l’inceste et l’incestuel, etc. Les usagers ne s’y trompent pas, si l’on considère le nombre d’entre eux qui, au fil du temps, ont contacté SOS-Sectes alors qu’ils n’étaient concernés par aucun groupe sectaire.

  

Ce modèle de thérapie de l’emprise, nous avons la possibilité, grâce à une subsidiation par Bruxelles Prévention & Sécurité, de le transmettre aux travailleurs de terrain intéressés, pour certains d’entre eux à titre gratuit. Les conditions sont celles-ci:

  1. La personne candidate doit pouvoir se justifier d’un minimum de formation et d’expérience en tant que psychothérapeute.

  2. Elle doit appartenir à une association ou un service bruxellois assurant une mission en matière de prévention des polarisations et des radicalisations.

  3. Un entretien préliminaire est destiné à opérer une sélection des candidatures sur base de l’adéquation de l’offre et de la demande: sommes-nous vraiment en mesure de répondre aux attentes de la personne candidate?

  

D’autres candidatures sont susceptibles d’être acceptées, cette fois à titre payant (500 euros les dix journées de formation). Un CV et un entretien préalable, ainsi qu’une discussion en équipe sur la composition du groupe de formation, décideront de l’acceptation, du report ou du refus des candidatures.

Nous parlons de «formation qualifiante» dans la mesure où nous effectuons une sélection des candidatures, mais aussi et surtout parce que nous prévoyons une épreuve de qualification qui prendra la forme d’un TFE. Il sera également exigé un taux de présence de 80% minimum. Voici le contenu de la formation, qui est susceptible d’évoluer en fonction des besoins des participants mais dont nous pouvons d’ores et déjà garantir un fil rouge.

Horaire et lieu :

De 9h00 à 12h30 et de 13h30 à 16h30

Rue Coenraets, 66 - 1060 Bruxelles (Saint-Gilles)

Détail du programme :

 

  • Journée 1 le jeudi 16 janvier 2020. Définitions (Jean-Claude Maes et Tim Stroobandt)

 

Jean-Claude Maes consacrera la matinée à préciser les concepts cruciaux sur lesquels il reviendra pendant un an, puis à tracer un genre de «carte» permettant de trouver son chemin – ou en tout cas de ne pas trop se perdre – dans la nébuleuse «radicaliste» et les méandres de la littérature qui lui est consacrée. Mais il s’agira surtout, au final, d’aider les participants à trouver un juste milieu entre la banalisation et la dramatisation de notions telles que l’emprise, la perversion narcissique, la manipulation mentale, etc.

  

Tim Stroobandt consacrera l’après-midi à la notion d’ethnocentrisme. Une approche effective des phénomènes sociaux nécessite de s’extraire de nos habitudes de pensées pour laisser apparaître le sujet et le groupe dans toute sa singularité. Tout est une question de point de vue, même en matière de radicalisations. Il sera moins question, ici, de formation au sens strict, que de réflexion autour des biais cognitifs qui sculptent notre vision du monde.

 

  • Journée 2 le jeudi 30 janvier 2020. Causalités (Jean-Claude Maes et Tim Stroobandt)

 

Qu’il s’agisse de radicalisation ou d’autres formes d’embrigadement et plus généralement de dérives de l’emprise, il n’y a jamais une seule cause, mais un faisceau de causes qui, de plus, sont de natures parfois très différentes. On ne peut réduire l’emprise ni à une pulsion (celle de l’empriseur et/ou celle de l’emprisé) ni à une relation comme le suppose R. Dorey (1981), il faut au minimum s’intéresser à la groupalité sur laquelle elle s’appuie et au contexte social-historique qui en structure les formes.

  

Jean-Claude Maes consacrera la matinée aux dérives de l’emprise au sens large. À sa suite, Tim Stroobandt recentrera le propos sur les radicalisations, dont il proposera une approche psycho-socio-culturelle. Penser le groupe et l’individu dans la radicalisation nécessite des approches différentiées mais complémentaires. Les causalités psychologiques individuelles ou même familiales sont tout aussi impuissantes que les causalités sociologiques à expliquer le processus de radicalisation, c’est la conjonction des deux approches qui semble la plus pertinente.

 

  • Journée 3 le jeudi 13 février 2020. La quête identitaire (Jean-Claude Maes)

 

Un grand nombre de jeunes radicalisés sont motivés par une quête identitaire que le recruteur pervertit. C’est également le cas dans les groupes sectaires et dans d’autres configurations de dérive de l'emprise. Le schéma actantiel, un outil narratologique, semble particulièrement apte à rendre compte des quêtes identitaires et de leurs perversions et est susceptible de mettre à jour des destins alternatifs, et de semer la graine du désengagement.

 

  • Journée 4 le jeudi 12 mars 2020. Pour une clinique du clivage (Jean-Claude Maes et Tim Stroobandt)

 

Il est presque impossible de bien comprendre les enjeux des dérives de l'emprise sans le concept de clivage, or sa définition est sujette à polémiques. Cette quatrième journée de formation servira à les dépasser de façon à ouvrir des perspectives et diagnostics thérapeutiques. Sachant que l’antidote du clivage est le lien…

  

Il sera également question, pendant cette séance, de traumatisme et de résilience. Jean-Claude Maes proposera un élargissement de cette notion qui permette de repérer toutes les «victimes» afin de pouvoir les accueillir comme telle, et Tim Stroobandt conclura cette proposition par la notion de «traumatisme collectif».

 

  • Journée 5 le jeudi 26 mars 2020. Prévention des dérives de l’emprise (Jean-Claude Maes)

 

On l’oublie souvent, la médecine définit quatre niveaux de prévention: le niveau primaire arrive avant l’apparition des symptômes; le secondaire vise à un premier diagnostic et à la mise en place de comportements susceptibles de stopper le développement de la problématique; le ternaire vise à empêcher les rechutes; le quaternaire (le grand oublié en matière psychosociale) concerne les différentes déclinaisons du deuil. 

  

L’après-midi convoquera les expériences de terrain des participants, afin d’évaluer avec eux leur portée préventive (volontaire ou involontaire suivant le métier, le lieu, les missions, etc.), et de réfléchir tous ensemble aux moyens d’améliorer cette portée.

 

  • Journée 6 le jeudi 2 avril 2020. La psychothérapie de l’emprise (Jean-Claude Maes)

 

Elle est pertinente à deux niveaux. D’une part avec les proches de la personne sous emprise (jeune radicalisé, adepte de groupe sectaire ou de «secte à deux», victime d’inceste, etc.) qui auront non seulement à repérer leurs comportements contre-productifs pour les corriger, mais aussi et surtout à mettre en place les positionnements susceptibles de favoriser le «déclic de la sortie». D’autre part avec les «ex-adeptes» (jeunes «déradicalisés» ou en voie de «déradicalisation», «exclus» de groupes sectaires, ex-conjoints confrontés au risque d’aliénation parentale de leurs enfants, etc.) pour identifier ce que Jean-Claude Maes appelle les «reliquats d’emprise» et les aider à retrouver le sens de leur quête.

 

  • Journée 7 le jeudi 7 mai 2020. Supervision de cas I (Jean-Claude Maes et Tim Stroobandt)

 

Il sera demandé aux participants de présenter des situations d’emprise pathologique à l’aide des outils étudiés précédemment. Ce sera l’occasion à la fois de vérifier leur bonne compréhension des concepts, de superviser la prise en charge des cas présentés et de préciser les outils d’intervention.

  

  • Journée 10 le jeudi 28 mai 2020. Supervision de cas II (Jean-Claude Maes et Tim Stroobandt)

 

Même principe que «Supervision de cas I».

 

  • Journée 8 le jeudi 17 septembre 2020. Présentation des travaux de fin d’étude I (Jean-Claude Maes et Tim Stroobandt)

 

Il sera demandé aux participants de fournir un TFE et de le présenter oralement.

 

  • Journée 9 le jeudi 8 octobre 2020. Présentation des travaux de fin d’étude II (Jean-Claude Maes et Tim Stroobandt)

 

Suite et fin de la présentation des TFE

Formateurs :

Jean-Claude Maes, psychologue, thérapeute familial systémique, auteur de nombreux ouvrages dont «Liens qui lient, liens qui tuent» ou «Se protéger du radicalisme»                  

Tim Stroobandt, socio-psychologue clinicien et interculturel, victimologue et psychotraumatologue, doctorant à l’Université libre de Bruxelles, auteurs de plusieurs articles cliniques et psychosociaux sur les relations interculturelles et les enjeux de radicalisations.

 

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